par Tim Hepher
Le projet de l'avionneur européen Airbus AIR.PA de réduire le nombre de jours travaillés à domicile de ses salariés est tombé à l'eau après des grèves sur ses sites en Espagne et des protestations des syndicats, ont indiqué des sources proches du dossier.
De nombreux salariés espagnols ont mené des grèves intermittentes depuis juillet et des manifestations sporadiques ont eu lieu en France et en Grande-Bretagne pour contester le projet du groupe de relever à quatre le nombre de jours travaillés sur site pour les employés de bureau, contre trois actuellement.
Désormais, les responsables ont reçu pour consigne de permettre au personnel de conserver les modalités existantes, qui leur permettent de travailler à domicile en moyenne deux jours par semaine, suspendant ainsi le projet de la direction, ont précisé les sources à Reuters.
"Notre objectif reste le même : nous visons une présence accrue sur site afin de garantir une meilleure efficacité collective, un meilleur transfert de connaissances et une prise de décision plus rapide", a déclaré un porte-parole d’Airbus.
"Cependant, pour qu'un changement soit efficace, il faut être à l'écoute de nos collaborateurs. En nous appuyant sur leurs rendements, nous avons décidé de mettre en œuvre cette transition de manière plus progressive."
Ce recul concernant le travail au bureau porte un coup à une campagne très médiatisée menée par le directeur général Guillaume Faury pour ramener le personnel au bureau, alors que le secteur cherche à répondre à une demande record.
En Espagne, environ 40% des 14.000 salariés d’Airbus ont participé à des grèves portant notamment sur le télétravail, les transports, les congés payés et les salaires, selon les syndicats.
La production n'a pour l'instant pas été affectée par les perturbations touchant les fonctions administratives et de soutien.
Trois syndicats espagnols ont appelé à un arrêt de travail de trois heures lundi afin de se prononcer sur une grève plus longue. Aucun d'entre eux n'était disponible pour commenter.
Airbus n'est pas le seul groupe multinational confronté à la réticence de ses employés à retourner au bureau plus souvent.
Les grèves au sein du groupe sont rares, mais selon des sources internes, l’intensité des troubles en Espagne a ébranlé la direction d'Airbus, suscitant des questions de la part de la hiérarchie quant à la manière dont la situation a été gérée au niveau local.
(Avec la contribution de David Latona ; version française Etienne Breban, éditén par Benoit Van Overstraeten)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer